Le pain et le sacré

Le premier texte à évoquer le levain est la Genèse, texte de référence pour les trois Religions du Livre. Chacune d'elles, à des degrés différents, à intégré le pain dans ses célébrations.

Il ne faut pas être théologien pour savoir à quel point le pain est important dans le christianisme.
Le nom même de Bethléem signifie "La maison du Pain" en araméen, et les épisodes qui font référence au pain sont nombreux dans la Bible: le jeûne de Jésus dans le désert, le miracle de la multiplication des pains, le discours de Jésus sur le "pain de vie"...
Et bien entendu, le pain est au coeur de l'eucharistie: la formule "ceci est mon corps" et le geste de rompre le pain avaient une force symbolique énorme dans une civilisation basée sur la culture du blé.

Le rite de la bénédiction et du partage du pain s'est généralisé au IXème siècle, sous l'influence du pape Léon IV.
En ce temps-là, on prêtait au pain bénit (offert aux églises par leurs fidèles les plus riches) le pouvoir d'anéantir les péchés véniels et de guérir les maladies.
On commença à fabriquer des hosties (avec de la farine de froment et de l'eau) au XIème siècle.


Pour les Hébreux le pain levé était un pain de tous les jours, par opposition au pain azyme, non levé, consommé lors de la Pâque.
La fermentation -qui évoque le putride, l'impureté- est selon certains à l'origine de cette distinction.
Quoi qu'il en soit, le peuple de Moïse célèbre la Pâque avec du pain azyme exclusivement, en commémoration de la fuite précipitée d'Egypte : le pain n'avait pas eu le temps de lever.

D'autre part les Hébreux se sont intéressés au mode de reproduction des plantes. Ils ont tiré de leurs observations des céréales une conception de la naissance de la vie et de l'humanité.
Ainsi Dieu a dit à l'homme et à la femme: "Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la." Il a ensuite ajouté: "Je vous donne toutes les herbes portant semence (...) et tous les arbres qui ont des fruits portant semence: ce sera votre nourriture."


Avant J-C, le pain était déjà associé à une forme de spiritualité puisque les hommes du Néolithique conservaient leurs morts et leurs grains dans les mêmes fosses, établissant ainsi un lien entre les céréales et l'au-delà.
Les Romains avaient également coutume d'offrir des pains aux défunts et cette tradition s'est propagée en Gaule.
Actuellement encore, les habitants de certaines régions offrent aux enterrements le pain bénit des morts.

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